1931 I – Autoportrait et explication de sont art

A l’occasion de son exposition de Janvier 1931 à la Galerie Mignon-Massart il est intérogé par un journaliste de l’Ouest Eclair auquel il réponds très simplement : 

Ce n’est pas uniquement comme “peintre” et comme “graveur” que j’aimerais être jugé, car ce n’est pas seulement de la “peinture” et de la “gravure” que j’ai voulu faire, le “métier” n’étant pour moi qu’un moyen indispensable, mais un moyen seulement, d’attacher les yeux pour conduire la pensée. Quels que soient les chemins choisi, gris ou colorés, frais ou sombres, une fois la surface dépouillée, l’enveloppe brisée, toutes les apparences s’estompent, les moyens disparaissent, seul le fond émouvant demeure et l’élévation du but.

J’ai tenté de fixer, autant par la composition et la direction des lignes, le volume et la forme des taches, que par les expressions du visage, le désir infini de beauté et de bonté qui me hante. Cette inspiration unique, grave, monotone, peut-être, c’est à la Bretagne profonde que je le dois. Il me semble que du seul fait de ma race, du seul fait de la langue que je parle, quelque soit le prétexte ou le sujet de mes recherches, une ambiance celtique doit en émaner. Eternelle aspiration de l’âme celte à un idéal qui n’est pas de ce monde !

Dès lors comment s’étonner de retrouver avec des rythmes différents une préoccupation, toujours la même. Certaines existences ne subissent-elles pas la hantise d’une idée dominante, d’une pensée autour de laquelle gravitent toutes les autres ? Sous les traits et sous les masses j’ai mis le meilleur de moi-même. Quelle que soit leur faiblesse, hélas ! puissent ces essais émouvoir, élever et faire penser !”

Comme on voit, Xavier de Langlais a sa noble idée fixe. Il veut s’exprimer en exprimant la Bretagne et pour lui la Bretagne, c’est avant tout un pays qui pense, médite et prie.

C.O.X le 6/1/1931

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