1948 St Dewi St Cymru – gravure linoleum en bichromie
Titre : St Dewi Nawdd Sant Cymru – gravure linoleum en bichromie (SDSC)
Édition : non connue (NC)
Auteur : Xavier de Langlais
Illustrateur : Xavier DE LANGLAIS
Type de publication : Tirages en série (TS)
Type d’édition : Edition originale (EO)
Langue : Breton
Année de publication : 1948
En 1948, des amis Gallois ont demandé à Xavier de Langlais de créer deux gravures de saints Gallois : Dewi et Petroc. Ceci a été réalisé dans l’esprit des Seiz Breur auxquels il a appartenu.
Dimensions : 24 x 32 cm
Synopsis : gravure sur Linoléum qui fait partie de la :
Série des Saints Bretons de 1948
Suite de 10 gravures sur papier éditées par Xavier de Langlais

Code XL : TS-NC-SDSC-EO-1948
Dans l’iconographie habituelle de Dewi, on le représente en évêque, debout sur un monticule, avec une colombe sur son épaule. Car selon la légende, en prêchant dans un synode contre les Pélagiens en 519, il vit la terre s’exhausser sous ses pieds et la colombe du Saint-Esprit se poser sur son épaule. Mais ici, X. de Langlais choisit de le représenter en abbé, sans la colombe. Cette dernière figurait grossièrement sur le dessin préparatoire sur calque 995.67.96 mais il a abandonné le motif sur tous les autres dessins et sur les gravures. Il faut savoir que si Sant Dewi fut sacré évêque, il resta abbé (on lui attribue une douzaine de monastères dont, parmi les plus célèbres, Glastonbury).
Son culte et ses traces dans la Bretagne actuelle

Dans ses longues pérégrinations, David de Ménevie aurait parcouru en tous sens l’Armorique, ce qui expliquerait que plusieurs localités bretonnes portent son nom, notamment Saint-Divy dans le Finistère ou plus probablement celui de saint Ivy : Saint-Yvi, aussi dans le Finistère, Loguivy-Plougras, Loguivy-lès-Lannion et Loguivy-de-la-Mer, désormais simple hameau de l’actuelle commune de Ploubazlanec dans les Côtes-d’Armor, Pontivy dans le Morbihan, Landivy en Mayenne, ainsi que des hameaux comme “Portivy” en Saint-Pierre-Quiberon, ou encore l’ancienne paroisse de Bodivit (désormais en Plomelin), qui lui devrait également leur nom. La chapelle Saint-Evy, en Saint-Jean-Trolimon, lui est aussi peut-être dédiée. Des noms de famille comme “De Lantivy” (“le territoire d’Ivy” en breton) ou “Coëtivy” (“le bois d’Ivy en breton) en proviennent également12.
Il était aussi le saint patron de l’ancienne paroisse de Bodivit13 située sur les bords de l’Odet et englobée dans Plomelin (Finistère) lors de la Révolution française (une fontaine et une statue portent son nom à Plomelin) et de celle de Pouldavid, désormais incluse dans la commune de Douarnenez14.
Une statue de saint Divy se trouve dans l’église Saint-Laurent de Langrolay (Côtes-d’Armor).
Buhez santez Nonn ou Vie de sainte Nonne et de son fils saint Devy est un mystère en langue bretonne composé avant le xiie siècle et publié en 1837 par l’abbé Simonnet15.
Il est fêté le , jour de sa mort selon la tradition, et est notamment invoqué contre les coliques16. Saint patron du pays de Galles, sa fête a lieu le 1er mars, selon une autre tradition qui fixe sa mort ce jour-là.
Voir aussi la litanie des Saints de Xavier de Langlais :
Passage au bourg de Brandivy :
Sant Dewi/ Dewi Sant
Brandivy, (en breton Berdewi, la colline de Dewi) ancienne trève (succursale) de la paroisse de Grandchamp (Gregam en breton) était primitivement sous le patronage de saint Dewi (forme britonnique de David) saint breton du VIème siècle honoré des deux côtés de la Manche ; c’est le patron du pays de Galles (Dewi sant en gallois) souvent représenté avec un poireau, car il incitait ses moines à cultiver la terre pour obtenir leur propre nourriture.
Né vers 500 et mort vers 589, moine et prédicateur en Bretagne insulaire et continentale, il fut évêque de Caerleon au pays de Galles, d’où il transféra le siège épiscopal à Mynyw (Ménévie en français) sur la pointe ouest du pays de Galles, lieu aujourd’hui appelé Tyddewi (la maison de Dewi), soit en breton Ti Dewi. En anglais, cette ville se nomme Saint David’s.
Il est honoré en Bretagne sous diverses variantes : Dewi, Divi, Ivi. Son culte est attesté non seulement à Brandivy, mais aussi à Pontivy, Saint-Ivy, Loguivi, Portivy…
Il est toutefois possible qu’il ne s’agisse pas du même saint que notre Dewi, mais d’un, voire plusieurs homonymes tombés dans l’oubli et remplacés par ce saint plus célèbre.

Le Cardinal de Coëtivy
Saint Dewi a aussi prêté son nom à plusieurs célèbres familles de la noblesse bretonne : les Lantivy (en breton, le monastère de Divy) ou les Coëtivy (le bois de Divy)
Un des membres les plus célèbres de cette famille est le cardinal Alain de Coetivy (1407-1474) prince de l’Eglise cumulant sans vergogne les charges et bénéfices ecclésiastiques tout en résidant à Rome : Il fut tour-à-tour et simultanément chanoine de Léon, évêque de six diocèses en Bretagne, en France et en Italie, abbé commendataire de deux abbayes (dont celle de Redon), titulaire de 5 prieurés, de 4 paroisses, ainsi que de nombreux autres petits bénéfices. Créé cardinal de la basilique sainte Praxède à Rome, il est y est enterré et l’on peut toujours y voir son gisant.
Malgré son apparente cupidité, son népotisme et son clientélisme effrénés (à l’image d’une bonne partie des prélats de son temps), il était un excellent gestionnaire et diplomate qui plaçait les bonnes personnes au bon endroit et savait user de son influence et de sa fortune personnelle pour de bonnes causes et la plus grande gloire de Dieu: il fut légat pontifical auprès du roi Charles VII et du duc de Bretagne Pierre II pour les convaincre de monter une croisade contre les Turcs ou à défaut d’envoyer quelques secours aux Chrétiens d’Orient.

Les Bretons lui doivent aussi beaucoup, car c’est lui qui fut chargé par le pape Callixte III du procès de canonisation de saint Vincent Ferrier, si bien que ce procès ne dura que deux ans ! Ce fut lui aussi qui effectua en personne la levée du corps de saint Vincent à la cathédrale de Vannes en 1456, soit un an après sa canonisation.
La collégiale N.D du Folgoët, toute proche de Plouvien, sa paroisse natale, bénéficia de ses largesses et le pèlerinage s’y développa considérablement grâce à lui.
Toutefois, son action la plus bénéfique pour les Bretons fut d’avoir obtenu vers 1450 du pape Nicolas V que fut érigée la paroisse saint Yves des Bretons à Rome pour ses compatriotes, elle demeure encore l’église nationale des Bretons, fondée à une époque où la Bretagne était encore indépendante.
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